Regards sur la démarche

Historique

Historique de la démarche

Le théâtre selon Aristote passait par la catharsis et nécessitait pour l’acteur de raconter une histoire, de reconstituer une pseudo-réalité, pour faire vivre aux spectateurs, par procuration, la vie qu’ils ne vivraient pas. Stanislavski s’appropria la pensée d’Aristote et en fit une méthode, dont est né l’Actors Studio et des lignées d’acteurs talentueux — mais aussi la fracture entre spectateurs et acteurs que le jargon théâtral nomme le « quatrième mur ». Stanislavski lui-même remit en question sa méthode en fin de vie, sans être entendu. Brecht la remit en question plus fondamentalement, sans que sa pensée soit pleinement transmise aux générations suivantes.

Pour Chemins d’Acteur, le seul avenir du théâtre — et sa force — réside dans la rencontre humaine, dans un temps et un lieu donnés, entre tous les partenaires présents (auteur, acteur, spectateur, technicien…) prêts à questionner ensemble le monde et la pensée. Cela suppose de changer fondamentalement le rapport entre les partenaires pendant la représentation : la question n’est pas « le spectateur sera-t-il d’accord ? » mais « l’acteur est-il prêt ? ». C’est à l’acteur de sortir de la pseudo-réalité virtuelle pour rester de plain-pied dans la réalité de l’instant, à égalité avec ceux qui l’entourent.

Il s’agit alors de « questionner une histoire » plutôt que de « raconter » une pensée préétablie par un auteur et imposée au spectateur : l’acteur devient le catalyseur d’une pensée en marche, et non plus le détenteur d’un sens unique.

En 2009, le nom « Chemins d’Acteur » a été choisi avec soin pour insister sur la multiplicité des directions utiles à chaque acteur — le mot « chemins » est au pluriel et le mot « acteur » au singulier. La démarche naît du constat d’une fracture entre acteurs et spectateurs, à l’origine de la passivité et du désintérêt du public envers un art vivant qui ne sollicite pas sa pensée.

Documents : film de 50 minutes et extraits de la commission de rédaction